Bienvenue sur ma Page personnelle entièrement dédiée à John Irving

Rien depuis "La quatrième main" (2001).

Mais son prochain roman paraîtra en juillet 2005 :

"Until I find you"

C'est l'histoire d'un acteur, Jack Burns, dont la mère vit à Toronto où elle est artiste tatoueuse ! Alors que Jack avait 4 ans, ils sont partis ensemble à la recherche de son père, un organiste voulant sans arrêt se faire tatouer.Jack est scolarisé au Canada puis en nouvelle Angleterre et très vite, il va être attiré par des femmes plus agées que lui...

A découvrir dès Juillet en anglais (édition française 6 à 12 mois plus tard). Par exemple à la FNAC ou chez Amazon, à 22,30 euros relié, 848 pages, ou à 23,89 euros en version "large print" de 1104 pages.

Qui suis-je ? Raymond Fleurat-Lessard, 56 ans, prof de maths à Limoges, marié, trois enfants. Signe particulier :
complètement dingue de John Irving. Adresse mail : rflperso@wanadoo.fr

Dernière mise à jour le 8 mars 2005.  

Sommaire L’œuvre littéraire de John Irving Tous ses romans (ordre chronologique) :

Liberté pour les ours, L’épopée du buveur d’eau, Un mariage poids moyen, Le Monde selon Garp
L’Hôtel New Hampshire, L’œuvre de Dieu, la part du Diable, Une prière pour Owen, Un enfant de la balle
et les deux derniers
. Une veuve de papier , avec les opinions de Christian Lehmann, écrivain ; Albert Algoud ; Philippe-Jean Cattinchi, Le Monde (28 mai 99) ; Christèle, une autre vraie fan d'Irving ; et la 4° de couverture, édition française.

. La quatrième main , avec vos opinions et des avis de critiques.

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L’œuvre littéraire de John Irving

Tous ses romans

Année

Titre original

Age

Titre traduction française

Note*

1968

Setting Free the Bears

26 ans

Liberté pour les ours

55

1972

The Water Method Man

30 ans

L’épopée du buveur d’eau

40

1974

The 158-Pound Marriage

32 ans

Mariage poids moyen

70

1978

The World According To Garp

36 ans

Le Monde selon Garp

95

1981

Hotel New Hampshire

39 ans

Hôtel New Hampshire

95

1985

The Cider House Rules

43 ans

L’œuvre de Dieu, la part du Diable

100

1989

A prayer for Owen Meany

47 ans

Une prière pour Owen

80

1994

A son of the Circus

52 ans

L’enfant de la balle

70

1998

A Widow for One Year

56 ans

Une veuve de papier

95

2001

The fourth hand

59 ans

La quatrième main

80

Juillet 2005

Until I find you

63 ans

???

???

Tous ces romans sont édités au Seuil (et en collection "Poche")

*Note personnelle sur 100, totalement subjective...

A mon avis, les trois premiers sont des " romans de jeunesse " (le premier s’est vendu à 8 000 exemplaires). Les trois suivants sont des chefs-d’œuvre, les deux suivants de bons romans. Puis " Une veuve de papier ", treize ans après " L’œuvre de Dieu, la part du Diable " est encore un chef-d’œuvre ! Enfin,"La quatrième main " est un très bon roman.
Cet avis est largement partagé par les visiteurs de ce site qui m'ont laissé des messages, à une exception près : pour presque tous, "
Une prière pour Owen" est aussi à classer parmi les chefs-d'oeuvre.

 

Liberté pour les ours

Un premier roman prometteur qui se déroule au cœur du siècle et au cœur de l’Europe : Autriche et Yougoslavie. Sur fond de rivalités ancestrales entres Oustachis Croates et Tchetniks Serbes, deux jeunes farfelus sillonnent la campagne sur leur moto, à la rencontre des jeunes filles aux tresses soyeuses et aux formes opulentes. Irving nous livre le regard que posait un jeune américain de 26 ans sur un coin de la vieille Europe et son destin tour à tour tragique et grotesque.

L’épopée du buveur d’eau

Ce deuxième roman de John Irving relate avec humour les malheurs de Fred Bogus Trumper, fumiste plein de charme et de bonnes intentions, farfelu ordinaire qui s’obstine à croire qu’il pourrait bien faire quelque chose de sa vie. Sa femme veut le quitter, sa maîtresse veut un bébé et un cinéaste d’avant-garde veut réaliser un film sur sa vie : un documentaire sur l’échec ! Et par dessus le marché, Bogus a un problème avec son sexe…

Un mariage poids moyen

Un ménage à quatre, oscillant entre la farce et la tragédie, aboutissement de désirs entortillés. Et comme le disait Libération, une histoire à quatre, c’est six fois plus compliqué qu’une romance à deux.

 Le Monde selon Garp

Alors qu’en 1943, face à une contraception défaillante, le souci de bien des femmes reste d’avoir un homme sans avoir d’enfant, la préoccupation de Jenny, infirmière dans un hôpital de Boston, est au contraire d’avoir un enfant mais surtout pas d’homme dans sa vie. Elle y parvient et c’est ainsi que Garp est conçu.
Jenny Fields, sa maman, qui occupe une place importante dans le roman, est obsédée par la "
concupiscence". Elle essaie d'en comprendre les fondements et les ressorts. Toute sa vie sera un combat pour la débusquer et la traquer. N'oublions pas que nous sommes dans les années 70, celles de l'émergence des mouvements féministes.

Généreux et angoissé, Garp est aux prises avec ses rôles de fils, d’époux et de père. Il va s'associer au combat de sa mère, luttant lui aussi contre la concupiscence. Et d'une façon générale contre la bêtise : vaste programme ! Le rêve de Garp, c'est de vivre dans un monde plus sûr. Il a peur. Et les peurs de Garp sont d'abord celles d'un père : ses frayeurs les plus intenses sont celles concernant les malheurs qui pourraient survenir à ses enfants.

John Irving n'est pas tendre avec la concupiscence. Tous ses personnages qui à un moment de leur vie se laissent tenter par une relation sexuelle illicite vont le payer très cher ; dans tous ses romans, mais particulièrement dans "Le Monde selon Garp". Ceux qui ont lu la fameuse scène de la fellation dans la voiture en sont encore glacés d'effroi.

Garp et sa mère étant tous deux écrivains, ce roman est aussi pour Irving l’occasion de nous faire pénétrer dans les mystères de la création littéraire et plus précisément de l’écriture des romans et des rapports entre fiction et réalité. On y retrouve les thèmes qui lui sont chers, notamment la ville de Vienne (il y a vécu une année complète dans sa jeunesse), les ours, les prostituées pour lesquelles il a toujours une grande affection.

Ce roman a eu un immense succès, notamment en Europe. Il peut être considéré comme le livre d'une génération. Et vingt ans plus tard, c'est toujours avec la même émotion que je relis le premier paragraphe :

"La mère de Garp, Jenny Fields, fût arrêtée en 1942 à Boston, pour avoir blessé un homme dans un cinéma. Cela se passait peu de temps après le bombardement de Pearl Harbour par les Japonais, et les gens manifestaient une grande tolérance envers les militaires, parce que, brusquement, tout le monde était militaire, mais Jenny Fields, pour sa part, restait inébranlable dans l'intolérance que lui inspirait la conduite des hommes en général et des militaires en particulier. Dans le cinéma, elle avait dû changer trois fois de place, mais, le soldat s'étant rapproché chaque fois un peu plus, elle avait fini par se retrouver le dos contre le mur moisi, avec, entre elle et l'écran, un stupide pilier qui lui bouchait pratiquement la vue ; aussi avait-elle pris la décision de ne plus bouger. Le soldat, quant à lui, se déplaça une nouvelle fois et vint s'asseoir près d'elle."

 Un film du même titre en a été tiré, fort bien fait, avec Robbin Williams dans le rôle de Garp. John Irving n'a pas participé à l'adaptation mais il y tient un petit rôle, celui de l'entraineur de l'équipe de lutte...
Mais comme toujours, le film est très en deçà du livre. Il faut lire "
Le Monde selon Garp" pour y découvrir cette richesse, cette bouffonnerie, cet humour, en ressentir toute l'émotion mais aussi l'angoisse qui transpire à chaque page, sentir se réveiller "le crapaud du ressac" : quelle invention géniale ! Et vivre jusqu'au bout dans ce "Monde selon Garp" où "nous sommes tous des Incurables".

L’Hôtel New Hampshire

L’histoire d’une famille qui comprenait un père et une mère (très rare chez Irving), cinq enfants, un ours et un chien nommé " Sorrow" (Chagrin). Dans trois hôtels et sur deux continents différents. John Berry, le narrateur, décrit ainsi son père : " La première des illusions de mon père était que les ours peuvent survivre à la vie que mènent les humains, et la seconde, que les humains peuvent survivre à la vie que l’on mène dans les hôtels. " Ce qu’il advint des rêves de Win Berry et comment ces rêves influèrent sur la destinée de ses enfants, tel est le sujet de ce roman. Et puis il y a Franny…

L’œuvre de Dieu, la part du Diable

Homer est un bon garçon ; il aime se rendre utile. A l’orphelinat de St Cloud’s où il est né, il va avoir l’occasion de se rendre utile. Car pour lui, toutes les tentatives de placement familial ont échoué. Et pourtant, Homer finira par trouver une famille d’accueil. Tout au moins pour un certain temps.

Le docteur Larch est un saint. Il dirige l’orphelinat de St Cloud’s où il pratique l’œuvre de Dieu – la mise au monde des enfants – et la part du Diable : l’avortement. Et il doit s’occuper de tous ses orphelins et leur trouver une famille. Et assurer l’éducation de Homer qui va bien sûr le considérer – et l’aimer – comme son père.

A peine adulte, Homer quitte St Cloud’s et part découvrir le vrai monde. Nous allons partir avec lui et le suivre encore pendant une vingtaine d’années dans le périlleux voyage de la vie. A vrai dire, nous ne le quitterons plus jamais.

Ce roman est le préféré d'Irving et aussi de nombreux lecteurs d'Irving. Christèle, par exemple, m'écrit :
"
C'est un roman ambitieux car Irving y raconte un destin, sans jamais tomber dans l'emphase de certains autres romanciers. J'ai surtout admiré d'un oeil neuf le remarquable travail d'écriture d'Irving. Je trouve fascinante sa capacité à planter des objets ou des personnages dans une certaine posture, pour mieux les retrouver quelques pages plus loin, dans des situations qui tirent le rire du lecteur. La scène de l'arrivée de Wally et Candy à l'orphelinat est le meilleur exemple de cette écriture "patchwork", qui mêle dix ou quinze situations enchevêtrées, sans jamais perdre le fil, ni tourner à la cacophonie, et qui permet de faire avancer "in situ" chacun des personnages. Je trouve cette écriture magique."

Quant à Isabelle, plus émotive, elle écrit :
"
Tous les livres d'Irving me touchent et me font pleurer. Mais L'oeuvre de dieu, la part du diable peut-être encore plus que d'autres.
J'ai commencé il y a quelques années par hasard avec "
Garp" qui m'a fascinée et touchée ! Comme souvent quand je tombe sous le charme d'un livre, je recherche tout ce que l'auteur a déjà publié... Je suis ainsi remontée dans le temps de ses livres avant de succomber à Owen et surtout à L'oeuvre de dieu, la part du diable. Bref j'ai tout lu et même si presqu'à chaque fois je trouve qu'il y a un temps un peu difficile pour rentrer dans l'histoire et les personnages, à chaque fois j'en ressors éblouie, émue et bouleversée par le sens et la cohérence qu'il donne aux destins et aux êtres. Il y a une telle humanité chez lui ... tant d'intelligence, d'imagination, d'humour et tant d'émotions ... Je viens de relire "Garp" pour la 3è fois sans doute (on venait de me le rendre apès une longue période de prêt), je me suis retrouvée une fin de journée dans le RER (oui, j'habite en région parisienne ) à lire le chapitre "La vie après Garp" : je ne pouvais plus me contrôler, les larmes coulaient tant, j'ai du interrompre ma lecture pour retrouver mon calme et poursuivre mon voyage ! Je suis peut-être trop émotive (?) mais je crois surtout que son talent me touche droit au coeur ! ".

Une prière pour Owen

" Si je suis condamné à me souvenir d’un garçon à la voix déglinguée, ce n’est ni à cause de sa voix, ni parce qu’il fut l’être le plus petit que j’ai jammais connu, ni même parce qu’il fut l’instrument de la mort de ma mère. C’est à lui que je dois de croire en Dieu ; si je suis chrétien, c’est grâce à Owen Meany. "

Telle est la première phrase de ce roman qui nous conte cette amitié parfaite entre le narrateur et Owen, l’irrésistible Owen qui s’est donné pour but de réparer le tort qu’il a causé à son ami et de sauver le monde.

Un enfant de la balle

4° de couverture.
La Grande Parade entre en piste, les vénérables jésuites et les mèdecins en renom, mais aussi les zénanas, simples travestis, les hijas, travestis émasculés, et les transsexuelles " complètes " ; voici paraître les mendiants mutilés, les clowns nains, les trapézistes en paillettes, les prostituées mineures et les chimpanzés racistes ; ouvrons l’œil, le diabolique " assassin aux dumbos " se cache peut-être parmi eux. Bienvenue au Cirque !

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Une veuve de papier

 

L'avis de Christian Lehmann

Christian Lehmann est écrivain ; il a publié récemment "Une éducation anglaise" que je recommande. Pour en savoir plus, visitez son site : http://www.christianlehmann.fr.fm

Les gens sérieux, qui n'ont pas le temps de lire des romans, croient que les romanciers " ne font rien qu'à raconter des histoires " comme disent les petits enfants. Et les romanciers laissent persister cette illusion, qui leur permet de poursuivre leur véritable but loin de toute persécution. " Un roman est une quête de l'inévitable au sein d'une histoire, une quête de plusieurs victimes, ou d'une seule " répondait John Irving en 1985, questionné par Libération dans un supplément intitulé " Pourquoi écrivez-vous ? ". " J'écris pour deux fonctions : former et distraire. Notre métier est de révéler ". Et de livre en livre, depuis le succès immense de son " Monde selon Garp ", John Irving traçait son chemin de moraliste divertissant, de bouffon philosophe. Ressassant toujours, comme la plupart des grands écrivains, le même livre, nourri des mêmes obsessions qui finissaient par devenir indispensables au lecteur : Freud, Vienne, la lutte gréco-romaine, les ours, la vie intime des écrivains, les grandes familles reconstituées, le destin tragique et la résistance humaine à la douleur, la banalité du mal et les mille petits actes héroïques qui sauvent nos vies de l'irréparable. " L'œuvre de Dieu, la part du diable ", " Un mariage poids-moyen ", " Une prière pour Owen " le confirmèrent sur la liste des best-sellers intelligents, de ceux que l'on trouve l'été sur les plages et l'hiver dans le confort feutré des bibliothèques universitaires. Mais, depuis quelques années, un hiatus s'était installé. Irving, la cinquantaine arrivée, devait craindre de ne pas savoir se renouveler, et sa verve féconde sembla se tarir. Deux recueils de nouvelles parurent, en fait il s'agissait souvent de récits autobiographiques médiocres, de compte-rendus de présentations universitaires. Un roman enfin fut annoncé il y a cinq ans, " Un enfant de la balle ", qui dérouta ses lecteurs habituels : Irving y délaissait tout ce qui avait fait son univers littéraire si particulier pour planter ses personnages en Inde, dans le monde du cirque. Le succès ne fut pas au rendez-vous. Avec " Une veuve de papier ", l'écrivain nous revient mûri, réconcilié avec sa verve burlesque et polissonne, ayant enfin fait la paix avec lui-même et ne cherchant plus à être un autre.

C'est l'histoire de la blonde Marion, que son mari, Ted, trompe avec toutes les femmes du comté, et qui un jour de 1958 quitte tout, son mari, sa fille Ruth, son jeune amant Eddie, et le souvenir de ses deux garçons morts dans un accident de voiture.

C'est l'histoire de Ruth, devenue romancière, qui toute sa vie a tenté de faire le deuil impossible de sa mère, qui vit dans l'ombre d'un père, auteur de livres pour enfants qui font peur et Don Juan balnéaire inconscient et pervers. Ruth qui s'envole un jour pour Amsterdam, pour une tournée de signatures et une petite virée dans les quartiers chauds afin d'y glaner des éléments pour un prochain livre. Amsterdam, où ses terreurs enfantines, nées des contes de son père, reviendront la hanter.

C'est l'histoire d'Eddie, qui à seize ans fut propulsé dans les bras de Marion par Ted. Ted qui cherchait à se dédouaner ainsi à bon compte de ses aventures adultères. Eddie n'a jamais cessé d'aimer la femme qui lui a fait découvrir l'amour, et, en 1995, continue d'attendre, contre tout espoir, de la retrouver.

Comme dans " Un monde selon Garp ", Irving entremêle dans " Une veuve de papier " sa narration et les extraits des livres de ses protagonistes. On passe du conte merveilleux pour enfants au deuil et à la mélancolie, de la chaleur des liens familiaux à la brutalité soudaine des violences sexuelles et des morts subites. Vie réelle, vies inventées se croisent, et s'illuminent. " Je traite mes lecteurs ", disait Irving en 1985, " comme si c'étaient des enfants ; il faut leur montrer, à maintes reprises, comme le monde est dangereux et fragile. Pour moi, chaque roman me fait la même impression que lorsqu'on laisse sortir les enfants : on dit faites-bien attention ! Mais dans un livre, on montre ce qui peut se passer si on ne fait pas attention. " Les gens pas-sérieux, qui prennent le temps de lire des romans, lui seront gré de continuer encore longtemps à écrire ces romans douloureux et divertissants, même si certains critiques littéraires sérieux jugeront que celui-ci… finit trop bien !

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L'avis d'Albert Algoud

C'est l'été, il fait chaud... Un couple avec enfant accueille un jeune garçon de seize ans, tout droit sorti du cocon familial... Bien vite, entre lui et l'épouse, c'est la passion... Trente ans plus tard, que sont-ils devenus? Eté 1958… Eddie a tout juste seize ans quand il est embauché pour assister l'écrivain Ted Cole dans ses tâches quotidiennes... Un bien curieux travail... Car Eddie passe le plus clair de son temps dans le lit de sa femme, la splendide Marion. Pourtant, pratiquement vingt ans les sépare. Mais qu'importe !

Depuis la mort accidentelle de leurs deux fils et la naissance de leur fille, Ruth, le couple vit dans l'attente d'une séparation. Ted accumule les conquêtes féminines, et plus spécialement les jeunes mères esseulées. Marion redécouvre un peu de sa vitalité dans les bras de son jeune amant vigoureux... Quant à la petite Ruth, âgée de quatre ans, elle ne cesse de s'enquérir de l'histoire de ses frères défunts dont les photos tapissent de façon obsessionnelle les murs de leur maison. Un beau jour, Marion, rongée par le chagrin et la culpabilité, abandonne mari, enfant et amant... Nous sommes maintenant en 1990. La petite Ruth a grandi, elle est devenue une écrivain à succès. Mais sa vie sentimentale ne fait pas le poids. Ruth ne s'aime pas, trop de fantômes l'assaillent... Et sa vie de femme célibataire est hantée par de vieux démons, récits terrifiants que son père lui racontait, souvenirs d'une enfance amère et solitaire... Lors, d'un voyage à Amsterdam, Ruth fait la rencontre d'une prostituée et devient le témoin d'un événement atroce, qui la confronte cette fois à une réalité bien palpable…

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L'avis de Philippe-Jean Cattinchi. Le Monde (28 mai 99).

John Irving adore faire des histoires. De celles qui n’en finissent plus de rebondir, ménageant surprises et digressions avec un art consommé de la voltige qui laisse un vertigineux sentiment qu’on ne retombera pas sur ses pieds. Pourtant, le magicien nous a prouvé qu’il ne sait rien perdre de son aplomb. Le Monde selon Garp, L’œuvre de Dieu la part du Diable, Une prière pour Owen avaient la force prométhéenne capable de poser Irving en héritier de Dickens, le maître qu’il s’est choisi. Avec Une veuve de papier, on retrouve l’écrivain américain sur les mêmes sommets.

Capable de camper d’entrée si nettement ses personnages qu’on sait qu’ils accompagneront longtemps le lecteur, le livre refermé, Irving nous offre là un formidable roman où, par delà le thème obsédant des parents empêchés et des enfants perdus (délaissés ou disparus), l’auteur se livre à une méditation récurrente sur l’écriture et le pouvoir de la fiction.

Eddie O’Hare a seize ans quand il débarque à Orient Point, " un lieu qui a tout à fait l’air de ce qu’il est : le bout d’une île, où la terre vient mourir. " Lui vient y apprendre à vivre. " En suspens entre l’enfance et l’âge adulte ", il rêve de devenir écrivain et s’y essaie cet été 1958 comme secrétaire-chauffeur d’un auteur de best-sellers pour la jeunesse dont le couple se défait inexorablement. Marion et Ted Cole ont une filette de quatre ans, Ruth, mais vivent entourés des fantômes de leurs deux fils aînés, Thomas et Thimoty, décédés tragiquement dans un accident de la route. Eddie tombe " amoureux de la tristesse de Marion, qui lui semblait faire partie d’elle-même de façon plus permanente encore que sa beauté ". Cette mère meurtrie, qui fait d’Eddie son amant parce qu’il ressemble aux deux absents et qu’il peut seul accomplir la promesse de maturité de Tim et Tom, lui donne sa voix. Perdre Marion au terme d’un été torride mais bien bref offre enfin au jeune homme quelque chose à dire. Il sera le romancier d’une obsession (l’amour d’un homme plus jeune que l’aimée). Mais ce regret fécond qui fait la lancinante saveur mélancolique du roman est naturellement bousculé par une frénésie d’intrigues d’une terrassante énergie. Comme tous les protagonistes de l’histoire, Ruth deviendra écrivain avec une vitalité farouche et un goût du défi hors normes, joueuse de squash, comme témoin d’un crime sordide. Le petit monde de l’édition, ses codes et ses représentations font le charme bavard de l’épisode central, et le dénouement un rien naïf, d’une évidence de contes de fées, a le sentimentalisme tendre nécessaire pour se remettre de l’épuisant marathon qui précède.

Une veuve de papier est aussi un plaidoyer pour la liberté du créateur de fictions. " Il ne faut jamais s’abstenir d’écrire tel ou tel genre de romans par peur de l’accueil qui lui sera fait ", précise-t-il, même si les héros s’interrogent : " Lorsque le romancier sort de son rôle, ne serait-ce qu’un seul instant, quels autres rôles peut-il choisir ? Dans les histoires, il n’y a que des conteurs et des personnages, rien d’autres. " Foin des " essais visant à changer le monde " – " des tracts, au fond ".

L’impérative nécessité d’écrire ne supporte pas le compromis. Si " avoir peur de paraître lâche est la pire raison de faire quoi que ce soit ", Irving ne s’embarrasse pas d’êtats d’âmes : il invente, variations et divagations. En bon athète, jamais à court de souffle.

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L'avis de Christèle (25 ans, fan d'Irving)

Les personnages de Une veuve de papier sont nombreux, mais c'est leur nombre, précisément et la multiplicité des liens qui les unissent, qui me les ont fait paraître plus proches que n'importe lesquels des personnages d'Irving. On s'identifie successivement aux personnages qui entrent en scène et chaque virage de l'histoire est négocié habilement du point de vue justement de l'identification, puisque l'on change de point de vue, Eddie puis Ruth. Peut-être est-ce aussi l'actualité de la dernière partie du livre (les années 90 et 95 qui nous sont proches) qui rend les descriptions réalistes. Et pourtant, je sais qu'on peut trouver la fin "conte de fées", les personnages caricaturés à l'extrême (la plus belle femme du monde, l'homme le plus coureur qui soit, l'amie égocentrique et mangeuse d'hommes, l'éternel étudiant d'Exeter, et j'en passe), mais ce qui m'accroche irrésistiblement dans ce roman, c'est la cascade d'événements imbriqués, tissés de clins d'oeil et de rappels continuels, un peu comme si IRVING essayait de voir si on suit bien le fil de l'histoire.
J'aimerais bien demander à IRVING s'il n'a pas eu plus de facilité pour écrire ce dernier roman, car j'ai le sentiment qu'il a atteint dans ce livre une maîtrise parfaite du scénario. On ne sent pas l'ingratitude du travail de l'écrivain dans la Veuve de papier. Quand je pense à ce livre, je vois la mer, des maisons lumineuses et l'irrésistible envie d'écrire qui anime Ruth.

 

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La 4° de couverture, édition française.

A deux heures de New York, il est une vieille demeure au bord de la mer grise. L'été 1958, Eddie, joli garçon de seize ans, y découvre l'amour dans les bras de la plus belle femme du monde, qui est aussi la plus triste, tandis qu'autour d'eux planent d'innombrables photos, gracieux fantômes de ses fils perdus. Ruth, sa petite fille, s'éveille au milieu de la nuit, et Ted, son mari, rusé joueur de squash et Don Juan balnéaire, écrit des contes pour enfants, des contes qui font peur... Mais l'été finit au premier vol d'oies sauvages, et la blonde Marion prend sa Mercedes rouge pour abandonner le mari qu'elle n'aime plus, le jeune amant qu'elle n'ose pas aimer, et la fillette à laquelle elle craint trop de s'attacher.

Après cette aube nostalgique, nous retrouvons Ruth en 1990, romancière célèbre et redoutable joueuse de squash, mais célibataire anxieuse, qui appréhende le mariage et la maternité. Lors d'une tournée de promotion à Amsterdam, une virée dans le quartier chaud et la rencontre d'une accorte prostituée rousse la confrontent à une aventure tout droit sortie de ses terreurs enfantines.

Une veuve de papier a la verve burlesque et parfois polissonne des meilleurs romans de John Irving ; c'est aussi un livre nocturne, sur la part d'ombre dans l'être, le deuil et la mélancolie ; mais c'est surtout un conte merveilleux, où, si le chagrin a la vie longue, l'amour se trouve et se retrouve.

 

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  The fourth hand (la quatrième main)

Lors d'un reportage en Inde, Patrick Willingford, un journaliste de la télé New-Yorkaise se fait dévorer la main gauche par un lion en direct devant des millions de téléspectateurs et devient ainsi "the lion guy". Une femme du Wisconsin souhaite offrir au reporter la main gauche de son mari, après le décès de celui-ci. Mais le dit mari est bien vivant, relativement jeune, et en bonne santé. On devine qu'il va mourir mais je ne vous dis pas comment. Et que va-t-il se passer lorsque la veuve va demander un droit de visite à cette main qui fut celle de son mari ? Telle est l'idée de départ du dernier roman d'Irving.
Une bonne idée, c'est sûr. Mais de là à en tirer un roman de 300 pages ("seulement 300 !" diront les habitués) il faut tout le métier et le savoir faire d'Irving !
En fait, Irving travaillait sur un autre roman, "Until I find you", qui se déroule dans le monde du tatouage et qui aborde le thème de l'absence d'un parent (situation vécue par Irving), lorsqu'il décida de s'interrompre pour écrire "
The fourth hand". Allez savoir pourquoi.
Avec plein de situations rocambolesques du meilleur comique, avec aussi pas mal de sexe (Patrick Willingford ne sait pas résister à toutes ces jolies femmes qui se jettent dans ses bras même si l'un d'eux est amputé de sa partie extrême), avec un personnage central assez intéressant dans la quête de sa vraie personnalité (mais parfois un peu irritant), "
The fourth hand" est un des romans les plus drôles de Irving. Mais pas le plus émouvant.
On y retrouve toute la maîtrise d'Irving, surtout au niveau de la construction, mais pas l'éclair de génie qui nous éblouissait dans "
Le monde selon Garp" ou dans "L'oeuvre de Dieu, la part du Diable". Comme me l'écrit Mathilde, " j'ai reconnu le talent sans découvrir de génie."

Voici ce que m'en dit Caroline, l'une des premières lectrices :
"On ne peut pas reprocher son grand savoir faire à Irving, bien sur, on ne lâche pas comme ça le roman (je l'ai lu à toute allure), qui est ébourriffant avec des personnages attachants, et une histoire de mains raccomodées et de nerfs qui gratouillent, de femmes désirées, et pas très accessibles, de pont sur un lac, de chaînes de télé qui savent marier le mauvais goût au raccolage... Tout ça rebondit de scènes pittoresques en scènes touchantes. Je crois que si je devais lui faire un reproche, ce serait de manquer un peu d'âme.
Contrairement à ses premiers romans, ici, on sent parfois plus le tour de main que la réelle émotion."

Voici encore l'opinion plus détaillée de Dominique, tout à fait intéressante :
"Mon premier contact avec Irving, je le dois à une amie qui m'a fait cadeau du « Monde selon Garp » en me disant : je suis sûre que cela va te plaire. Je n'avais encore jamais entendu parler de John Irving. Je l'ai remercié poliment, et je me souviens que j'ai pensé : « drôle de titre et la couverture est bizarre ». Après, ça a été le choc. Un vrai choc d'une violence inouïe, presque un « orgasme littéraire ». Jamais auparavant un livre ne m'avait fait un effet pareil : rire, pleurer, être complètement chamboulée, oublier totalement où l'on se trouve et vibrer à l'unisson des personnages. Tous ceux qui l'on lu comprendront si je précise que j'étais dans un métro « pendant » la fameuse scène de la fellation dans la voiture...
Donc, depuis ce jour, je suis devenue « frappadingue » de John Irving, et je me rue en librairie dès qu'un de ses romans paraît. Je n'ai plus ressenti ce choc avec autant de violence (encore qu'avec une Prière pour Owen, je n'en étais pas loin), mais je n'ai jamais été déçue (sauf peut-être par Liberté pour les ours - oeuvre de jeunesse qu'il n'aurait pas fallu lire après ses chefs- d'oeuvre - et un enfant de la balle que j'ai lu avec plaisir mais qui, avec le temps, ne m'a pas laissé grande impression). S'embarquer dans un livre de John Irving reste toujours une grande aventure que j'attends chaque fois avec la même impatience.
C'est pourquoi, quand j'ai vu « la quatrième main » dans la vitrine d'un libraire, j'ai foncé directement sur ma proie, et je l'ai emmenée dans ma tanière... Dès les premières pages, j'ai pensé : ça va être Garp ! Les personnages étaient tellement jubilatoires ! J'ai craqué pour le Docteur Zajac si touchant, et fragile, et intelligent, en un mot si humain, un vrai personnage avec du corps (dans quel état au début !) et de l'âme, son fils Rudy, pauvre petit dont les sentiments sont ballottés par les adultes et qui revit grâce à la lecture de Stuart Little et de Charlotte l'araignée (j'ai d'ailleurs ajouté E.B. White à ma liste d'auteurs à lire), et la chienne Médée ! La chienne Médée !! Quel personnage !! Page 51, je jubilais en lisant ce passage tellement Irvingien : "A ce tournant existentiel, Médée ouvrit ses yeux de chien battu et leva sa tête lourde, un filet de bave suspendu à sa babine supérieure. Irma, dont l'enthousiasme débridé traquait le présage dans les phénomènes les plus banals, trouva à la bave de la chienne un blanc nacré fascinant.". Le personnage d'Irma aussi aurait pu être génial : elle est capable de tellement d'efforts pour que Zajac l'aime, qu'elle ne pouvait qu'être attachante. Même Hildred et les collègues de Zajac dans les rôles des méchants qui n'ont pas de chance étaient hilarants.
(Page 65 j'ai lâché mon livre pour aller vérifier sur internet que coupdemain.com existait bien. Déception vite oubliée puisque je suis arrivée par hasard sur le site ifrance.com/rfl/irving.html. )

Donc, la lecture des cent premières pages était idyllique, j'étais sur un petit nuage, et Patrick Wallingford n'était encore pour moi qu'un personnage de second plan, dont le seul intérêt résidait dans le fait qu'il s'était fait bouffer la main par un lion. Il permettait également à Doris Clausen d'entrer en scène. Enfin un personnage féminin intéressant : intelligente, belle à sa façon, fascinante et déterminée (je suis sûre que son mari s'est suicidé...), et surtout entourée de toute la famille Clausen. Il y a un livre à écrire rien que sur les membres de la famille Clausen ! La mère d'Otto, Donny le tueur d'aigle, voilà des personnages qui ne demandaient qu'à exister autrement que dans quelques paragraphes parcimonieux.
Cependant, petit à petit, j'ai dû me rendre à l'évidence. Le personnage principal, c'était bien ce falot de Wallingford, avec ses tergiversations, ses états d'âmes qui ne débouchaient sur rien, sa velléité. En plus, le pauvre petit était harcelé par un troupeau de femmes (à peu près toutes, pourtant, des femmes de caractère) qui ne rêvaient que de lui tomber dans les bras ( !!!). Que pouvait-il faire, sinon céder ? Sa rédemption, et mon pardon, viendront bien sûr par Doris et surtout par son fils (thème cher à John Irving et doublement exploité dans ce livre puisque nous avons d'une part Patrick et le petit Otto, d'autre part Zajac, Rudy, et si Irving l'avait voulu, les jumeaux). Les chapitres qui se passent dans la maison du lac font oublier l'inconsistance de Wallingford, et lui permettent amplement de se racheter. Mais que de mal pour en arriver là !

Donc, en résumé, un excellent crû, qui aurait pu être un nouveau chef-d'oeuvre si John Irving ne s'était pas trompé de héros. Je suis sûre, d'ailleurs qu'il s'en est rendu compte car c'est dans les chapitres consacrés à Patrick que l'on « voit » poindre son savoir-faire, alors qu'il n'aurait fallu que « ressentir » son talent. Pour moi, ces parties là sont écrites avec la tête, pas avec le coeur. John Irving a dû avoir du mal avec son personnage pour l'entourer ainsi de tant d'anecdotes pour « faire vrai ». Que viennent faire John John et sa soeur Caroline dans cette histoire ? Le Docteur Zajac n'a pas de prénom, et Doris est appelé Mrs Clausen la plupart du temps. Pourquoi, sinon pour les tenir à l'écart et éviter qu'ils ne prennent trop d'importance ?

En refermant à regret « la quatrième main » je me suis souvenue que j'avais laissé « la petite amie imaginaire » inachevé (trop d'histoires de lutte, pas assez d'histoires d'écriture). Je m'y suis donc remis illico et j'y ai trouvé quelque chose d'intéressant au chapitre « ma dernière pesée », page 141. John Irving écrit : « En 1976, j'étais en plein dans Le Monde selon Garp, et j'avais du mal à m'en sortir ; je tenais non pas un mais trois premiers chapitres possibles et je ne parvenais pas à décider qui, de Garp ou de sa mère, allait être le personnage principal ». Ca devient alors évident : pour Garp, John Irving à fait le bon choix, il s'est laissé guidé par son intuition, mais pour La quatrième Main, il n'a pas voulu lâcher la « main » de Patrick pour celle de Zajac, tenant ainsi la bride à des personnages qui ne demandaient qu'à vivre leur vie, au profit de l'histoire qu'il avait en tête.

Dommage... "

 

La critique de Philippe-Jean Cattinchi du journal "Le Monde" (12/07/2002)

S'il est un thème terrible, c'est bien celui de la main tranchée dont la vie autonome, séparée du corps qu'elle servait, ouvre la porte de l'effroi, charmes vénéneux de l'occulte et du mort-vivant confondus. Depuis La Main enchantée de Gérard de Nerval (1832), le thème a fait florès, de La Patte de singe de W. W. Jacobs à La Bête à cinq doigts de W. F. Harvey, que les seconds rôles de La Famille Adams ont relayés aujourd'hui sur un mode parodique. Rien de tel dans La Quatrième Main. L'écrivain américain, qui ne renâcle jamais devant les situations les plus délirantes, livre en effet avec ce nouvel opus l'un de ses romans les plus sages, des plus sensibles aussi. Comme s'il brouillait les pistes. :

Rassurons toutefois les fans du Monde selon Garp, de L'Hôtel New Hampshire, de L'Œuvre de Dieu, la part du diable, qui firent récemment un triomphe à Une veuve de papier, ils retrouveront l'essentiel des ingrédients loufoques qui font la signature du maître. Dans une réjouissante galerie de seconds rôles, du docteur Zajac, jogger féroce à l'appétit d'oiseau qui tente de séduire son fils anorexique et s'encombre d'un chien névrosé et coprophage, quand il ne tente pas des greffes de la main, à un portier de nuit à l'identité énigmatique qui s'obstine à confondre une star du petit écran avec un joueur de champ (le sport - ici le base-ball - occupe comme souvent une place particulière dans ce gros roman) ou à Angie, une maquilleuse de télé qui mâche à s'en étouffer des chewing-gums aux couleurs improbables et insulte son frère qui menace de passer au mixeur la bite des amants de la belle.

Impeccablement beau, au point d'être l'objet de toutes les convoitises des femmes en mal d'enfant, Patrick Wallingford est un personnage " irvingien " convenable. Journaliste volage et accommodant, le malheureux perd au cours d'un reportage à sensation dont sa chaîne s'est fait une douteuse spécialité sa main gauche, dévorée par un lion. Ce grand moment de télévision qui fit le tour du monde lui vaut une réputation aussi tenace que son nouveau surnom, " le type au lion " ou " l'homme de tous les désastres ". Et permet à Irving une critique acerbe et réjouissante des mœurs médiatiques, centrée sur l'actualité la plus brûlante, des long-courriers abîmés en mer aux attentats du Proche- Orient, avec une séquence particulièrement réussie sur le traitement de l'accident qui coûta la vie à John Kennedy Jr (on n'est plus même " dans l'actualité, mais dans le mélodrame recyclé "). Et Patrick, porte- parole du romancier, est placidement lucide : " Les médias n'avaient que deux positions possibles sur les célébrités : leur vouer un culte ou les traîner dans la boue. Et comme le deuil est la forme suprême du culte, la mort des célébrités valait son prix ; en outre, elle permettait aux médias de les idolâtrer tout en les traînant dans la boue. Il n'y avait pas mieux. "

Mais la vraie force de La Quatrième Main tient à la subtile histoire d'amour qui unit Doris Clausen, dont la voix émeut tous les mâles, à l'homme mutilé à qui elle choisit d'offrir la main de son époux Otto, tragiquement décédé un soir de Super Bowl, pour qu'il lui fasse l'enfant qu'elle espère en vain depuis dix ans. Avec une délicatesse qu'on a rarement lue chez Irving, les deux amants jouent une parade amoureuse incongrue, tout en nuances et en élans retenus. Ainsi le rêve orgasmique, dû à une substance indienne illicite, qui avait soustrait le journaliste amputé à la douleur du réveil chirurgical, devient peu à peu réalité. Une fable romantique qui se ferme sur un happy end ? Tendu vers ce tendre dénouement, Irving néglige les détours qu'il affectionne d'ordi- naire. On admirera cette économie nouvelle qui n'ôte rien à l'invention du maître.

Ph.-J. C.

La quatrième de couverture :

C'est un lac vert émeraude, quelque part dans le nord des États-Unis.
Patrick Wallingford est couché sur un ponton tiédi par le soleil et une femme à la voix sensuelle, qu'il entend sans la voir, lui propose de retirer leurs maillots mouillés. Ce rêve est induit par un puissant analgésique administré au héros dont un lion vient d'avaler la main gauche alors qu'il faisait un reportage sur un cirque, en Inde.

Avec sa verve drolatique, Irving nous raconte la rencontre entre un candidat à la greffe, un brillant chirurgien sauvé de l'anorexie par sa bonne marathonienne, une yupette aux dents longues, une maquilleuse mâcheuse de gomme. Et enfin une sirène vêtue d'un sweat-shirt vert, vert comme un lac quelque part dans le nord, dans un récit sur la perte et la récupération, qui mène un adolescent attardé à l'âge d'homme - de père - pour l'attraction d'un être et d'un lieu magnétiques.

Il pourrait bien être prouvé que la force du désir est la plus magique des prothèses.

 

Aux dernières nouvelles, après L’Oeuvre de Dieu, la part du Diable, Lasse Hallstrom va de nouveau collaborer avec John Irving (pour Miramax), pour une adaptation au cinéma de "The Fourth Hand".

 

 

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Autres publications

Un recueil de nouvelles : " Les rêves des autres ", publié en France en 1993, regroupant six nouvelles publiées dans diverses revues littéraires entre 1968 et 1982, et une écrite de 1993.

Titre anglais : " Trying to Save Piggy Sneed ", qui est le titre d’une des nouvelles (la meilleure) qui est en fait autobiographique.

Une autobiographie (très sélective), en 1996 : " The Imaginary Girlfriend ", en français :  " La petite amie imaginaire ".

Une préface à une édition de "De grandes espérances" de Dickens (l'école des lettres au SEUIL) : 36 pages très révélatrices de la conception romanesque de John Irving. Traduite par l'excellente Josée Kamoun, la traductrice de Une veuve de papier.

My Movie Business, en décembre 99, à l'occasion de la sortie aux USA du film "The Cider House Rules", Irving a écrit un très beau récit nous contant l'histoire de ses rapports avec le septième art, mais aussi sa façon de créer ses personnages, de fabriquer son histoire... Vraiment très intéressant. Paru en français en 2002 sous le titre "Mon cinéma" . Par ailleurs, le scénario du film "L'oeuvre de Dieu, la part du diable" est aussi publié en français. (à l'occasion de la sortie du film en mars 2000)

Tous ces ouvrages sont édités au Seuil.

 

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Œuvres portées à l’écran et à la scène

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La conception romanesque de John Irving

C’est bien simple, les personnages de Graham Greene, j’ai l’impression de les connaître mieux que les gens que j’ai croisés dans ma vie (…). Graham Greene m’apprit dès le lycée que des personnages subtils et complexes, et des histoires déchirantes étaient des impératifs catégoriques pour tout roman digne de la postérité. " (La veuve de papier p 39 & 40)

Mais où John Irving va-t-il chercher des personnages subtils et complexes, et des histoires déchirantes ? Dans ses expériences personnelles ?

John Irving pose souvent cette question, aussi bien dans ses mémoires que dans ses romans.

Dans Trying to Save Piggy Sneed, il nous conte sa première expérience de création romanesque. Piggy Sneed est un éboueur demeuré qui meurt carbonisé dans l’incendie de sa porcherie. Refusant cette mort horrible, le jeune John Irving (16 ou 17 ans), pour " sauver " Piggy Sneed, invente alors une histoire : " Il en a eu marre des cochons. Il a quitté la ville, je le sais. (...) Il est en Floride, il a pris sa retraite. " Et il ajoute " J’ai dit ça tout simplement, comme si c’était un fait. ". Et peu après : " Ce dont j’allais prendre conscience par la suite, c’est que le travail de l’écrivain consiste à la fois à imaginer comment sauver Piggy Sneed et à allumer l’incendie dont il sera la victime. " (Les rêves des autres p195). Il précise bien " le travail de l’écrivain " et non pas " le talent de l’écrivain " car pour lui, écrire sera toujours un travail : John Irving se considère comme un artisan qui sans cesse sur le métier remet son ouvrage.

Mais est-ce le " vécu ", c'est-à-dire l’autobiographie qui alimente directement cette imagination ? Bien sûr, mais de façon assez complexe comme nous le démontre cette anecdote rapportée par John Irving dans ses mémoires. Alors qu’il anime un atelier d’écriture à l’université, il fait remarquer à une étudiante qui vient de lire un de ses textes : " Lorsque le père tombe raide mort avec une pomme dans la bouche au moment où il urinait sur la voiture de sa belle-mère, eh bien, euh… je ne visualise pas bien. " C’est alors que l’étudiante fond en larmes et révèle que c’est exactement ce qui est arrivé à son père, au détail près. Ce qui conduit John Irving à expliquer " que le vrai n’est pas toujours vraisemblable ; et que pour être crédible, il ne suffit pas qu’une histoire ait eu lieu. L’incroyable mais vrai existe, et, pour tout dire, l’imagination a le pouvoir de choisir des détails plus plausibles que ceux que nous livre la mémoire. " (La petite amie imaginaire p 157)

C’est un sujet qui revient souvent chez John Irving. Dans Le Monde selon Garp, les deux personnages principaux, Garp et sa mère, deviennent écrivains. John Irving a donc l’occasion de nous décrire précisément le processus de création littéraire. Mais c’est surtout dans Une veuve de papier, où pratiquement tous les personnages sont écrivains, que John Irving dissèque ce processus d’écriture d’une histoire. Pour notre plus grand régal.

Harry, un des rares personnages du livre qui n’est pas écrivain (il est policier et physiquement, il ressemble beaucoup à John Irving...) mais qui est un grand lecteur définit ses goûts littéraires ainsi : " Les romanciers qui avaient sa faveur (…) étaient des conteurs, qui narraient des histoires intéressantes, avec des personnages crédibles. Les romans qu’il aimait avaient des intrigues complexes, qui mettaient en scène des gens authentiques. " (La veuve de papier p 453)

John Irving va jusqu’à citer le biographe de Graham Greene qui parle du " droit de l’écrivain " et de " son besoin de puiser dans son expérience et dans celle d’autrui ". Mais Ruth, l’héroïne du roman, fait dire à l’un de ses personnages : " Tout romancier digne de ce nom doit être capable d’inventer un personnage plus intéressant qu’une personne réelle. "

John Irving se résume ainsi : " D’abord, il faut imaginer une bonne histoire ; ensuite, trouver les détails qui font vrai. Il est plus facile pour cela que certains détails soient effectivement vrais. Si l’on a tendance à surestimer l’expérience, il est vrai que l’observation demeure irremplaçable. " (La veuve de papier p 347)

On comprend donc que John Irving accepte mal les critiques de ceux (en particulier les déconstructionnistes) qui l’accusent d’écrire surtout des romans autobiographiques. Et comme s’il voulait clouer le bec à ses détracteurs, dans La veuve de papier, il prend plaisir à insérer de nombreuses similitudes avec sa vie personnelle. Ainsi, Eddie, tout comme lui, est né à Exeter en 1942. Comme lui toujours, son père enseigne à Exeter et est logé à l’institut. Comme lui encore, il y fait ses études et y suit un cours de création littéraire. Quant à Ruth Cole, elle écrit des livres qui ressemble à ceux de John Irving, (l’un au sujet d’une veuve qui est écrivain !), et elle publie un des chapitres de son livre dans une revue littéraire germanique, qui n’est autre qu’une nouvelle que John Irving a publiée lui même dans cette revue. Sans oublier qu’elle épouse son agent littéraire… Et pour brouiller les cartes encore davantage, presque tous les personnages sont écrivains : Ruth et Ted Cole, Eddie O’Hare, Hannah Grant, sans oublier la mystérieuse Alice Somerset. Enfin, tous les lieux cités sont familiers à John Irving : Exeter, bien sûr, mais aussi Sagaponak et Bridgehampton, sur Long Island, et le Vermont où John Irving habite encore. (Finalement, on est en droit de se demander s’il n’y a pas une ressemblance entre les seins de Ruth Cole, qu’il décrit longuement, et ceux de sa femme Janet…) Depuis Le monde selon Garp, jamais John Irving n’avait traité avec autant d’acuité cette question de la relation entre la vie et la fiction.

Enfin, n'oublions pas une constante de tous les romans de John Irving : un humour réjouissant, dans les situations, dans les personnages, dans les dialogues, dans le style d'écriture...

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L'avis de Virginie

Je m'apelle Virginie et j'ai 29 ans.
J'adore lire et je suis, moi aussi une inconditionelle de John Irving !
Depuis que j'ai lu (par hasard) un de ses livres (Le monde selon Garp), je n'ai eu de cesse que de parvenir a les dénicher et à les lire tous ! Et je les ai tous lus... 1 fois, 2 fois, en français, en anglais...c'est un pur régal ! Mais c'est très largement comme une drogue. Arrivée à la fin, je me trouve être... en crise de manque !

(...)

Une priere pour Owen. C'est le roman de John Irving que je préfere ! Je ne saurais pas expliquer cette préference de maniere "littéraire". Je ne sais pas "décortiquer" les romans (je crois que je n'ai même jamais essayé, tellement je redoute que certaines "découvertes" ne viennent briser la magie de l'histoire...). Mais Owen Meany a une carrure, une présence, une prestance, une personalité hors du commun, tellement puissante, qu'il a pour moi dépassé tous les autres héros quels qu'ils soient. Je reste saisie, pétrifiée d'admiration, ébahie et la bouche ouverte !

Bref... je suis en train de me rendre compte qu'il y a une chose que je n'avais pas prise en compte ... Je suis une femme ! Serais-je amoureuse ? Si vous me répondez que oui et que de là vient mon aveuglement à son sujet... eh bien ma foi je serai peut-être bien obligée d'admettre que vous n'avez pas tout à fait tort !

(...)

... L'oeuvre de Dieu la part du diable est une merveille, oui, sans conteste et sans doute possible. D'ailleurs, si Owen est mon dernier amour en date, je dois toutefois reconnaître mon manque de constance en "amour" et avouer qu'il n'était pas le premier. Avant lui, il y a eu... Homer Wells ! Comme Garp avant lui et avant d'autres encore ! Je ne me rappelle pas de tous... à ma grande honte. Je citerais tout de même Julien Sorel, dans "Le rouge et le Noir" en ce qui concerne "avant" ma rencontre avec Irving.

Par contre, je n'ai pas été très "marquée" par L'hotel New Hampshire. Il faudrait sûrement aussi que je le relise. Peut-être un peu trop "dur" pour moi... je ne sais pas. Depuis Owen, en fait, je suis toujours un peu "déçue" par les nouveaux romans d'Irving quoique je préfère effectivement Une veuve de papier à L'enfant de la balle.

Une veuve de papier, oui, bien, très bien, mais... court, moins consistant, moins profond, je ne sais pas trop comment l'exprimer... C'est un peu comme donner une cigarette dans la journée à quelqu'un qui en fume normalement 3 paquets ! On a le goùt, mais pas la quantité suffisante !
Oui, c'est un très bon roman et j'ai aimé le lire. Disons que si je devais classer les livres d'Irving par ordre de préférence, je dirais tout d'abord : Owen, puis Homer, puis Garp et tout de suite après :
Une veuve de papier. Pourquoi seulement 4ème ?
Et bien, je crois que ce que je viens d'écrire est assez significatif. Pour les 3 premiers, j'ai parlé, non pas du titre du livre, mais de son héros. Qui est le héros dans
Une veuve de papier ? Ted Cole ?... bof ! Marion Cole? Très attirante. Ruth Cole ? Très attachante. Eddie ? Très intéressant. Harry également.

Mais Owen est attirant ET attachant ET intéressant ET bouleversant ET... d'autres choses.
Bref, dans cette histoire, de TRES BONS personnages "d'entourage", mais il nous manque un héros central. Je pense que le héros "devrait" être Ruth. Mais, comment dire... un peu fade, peut-être. Je lui préfere Marion, quoique... terriblement froide.

Sous toutes réserves, j'émettrais une supposition. Les "héros" précédents sont tous des hommes. Irving a-t-il plus de "difficultés" à se mettre dans la peau d'une femme ? En tant que femme, n'est-il pas normal je sois génée par ce relatif "manque de profondeur" ? Encore une fois, ce n'est la qu'une hypothèse.

(...)

Irving et le sexe... Et bien ma foi, je dois avouer que quand j'ai lu sur ton site "très peu de sexe dans les romans d'Irving", je n'y ai pas réfléchi, mais je me suis sentie "spontanément" en accord avec toi.

Et pourtant... quand on y réfléchit, les romans d'Irving sont PLEINS de sexe. Je n'entends pas par là qu'il y en a trop. La "vrai vie" aussi, en est pleine. Ce qu'il y en a, c'est "juste bien". Dans tous ses bouquins. Tous, sauf... Homer. De là peut être notre sensation du "peu de sexe" dans Irving. En effet, n'aurait-on pas ressenti comme une "frustration" cette "très timide" vie sexuelle de notre cher héros. Là encore, simple supposition.

 

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La vie de John Irving

Né le 2 mars 1942 en Nouvelle Angleterre, il a vécu chez sa grand-mère à Exeter, dans le New Hampshire. Il n’a pas connu son père. (comme Garp, comme Homer Wells…) et lorsqu’il parle de son père dans ses mémoires, il s’agit du mari de sa mère, qui enseignait l’histoire russe dans une école privée à Exeter. Il y disposait d’un logement de fonction et c’est là que John Irving va vivre à partir de sept ans. Il y fait aussi ses études secondaires et précise à ce sujet " Dire que j’avais du mal à suivre relèverait de la litote ". En fait John Irving souffrait de dyslexie et donc d’une très mauvaise orthographe.

Passionné de lutte, il choisit son université surtout en fonction de son équipe et de son entraîneur dans ce sport. Il fait des études médiocres (il passait beaucoup trop de temps à lire) mais il est cependant admis à suivre un cours de " création littéraire " (il sera l'élève de Robertson Davies) et c’est là que sa vocation d’écrivain s’affirme.

En 1963, il a 21 ans et il obtient une bourse d’étude pour aller passer un an à Vienne. Très marqué par ce séjour, c’est à Vienne qu’il puisera la matière de son premier roman " Liberté pour les Ours ". Il y fréquente les bars à prostituées, ce qui nous vaudra de magnifiques passages dans " Le monde selon Garp " et " Hôtel New Hampshire ". Il a aussi séjourné à Londres et en Grèce.

C’est aussi en 1963, juste avant de partir pour Vienne, qu’il rencontre Shyla Leary, qu’il épouse un an plus tard, alors qu’il a 22 ans. Il vivront ensemble une bonne quinzaine d’années et auront deux enfants, Colin (1965) et Brendam (1969) qui deviendront… des champions de lutte. A la naissance de Colin, il vend sa moto car " fathers didn’t drive motorcycles ".

En revanche, c’est la naissance de Colin, en mars 1965, qui évitera à John Irving (qui a 23 ans) de partir au Vietnam, mais ne l’empêchera pas de continuer la lutte. Mais, ajoute-t-il : " …ma condition d’homme marié, de père, et mon retour à la lutte me tinrent à l’écart de deux expériences les plus séduisantes qui aient marqué les années soixante : le sexe et la drogue. ". On ne s’étonnera donc pas de trouver peu de sexe et peu de drogue dans la plupart de ses romans : le Docteur Larch, dans " l’œuvre de Dieu, la part du Diable ", ne fait l’amour qu’une seule fois dans sa vie (avec une prostituée que lui offre son père) et ne connaît qu’une seule drogue : l’éther.

Jusqu’à la parution du Monde selon Garp, il ne peut évidemment pas vivre de ses revenus d’écrivain. Mais après l’immense succès de ce roman, il ne se consacre pratiquement plus qu’à l’écriture. John Irving est un laborieux. Il travaille tous les jours, écrivant et réécrivant sans cesse en essayant d’améliorer chaque ligne, cherchant toujours le mot juste et le style qui convient.

Jusqu’à son divorce en 1982, John Irving a vécu dans une propriété à la campagne, près de la petite ville de Putney. Son ex-femme, Shyla, y vit toujours.

En 1987, John Irving, qui a 45 ans, épouse Janet, son agent littéraire. (Oui, elle est jeune et jolie). Environ quatre plus tard, fin 1991, naîtra leur fils Everett. Ils vivent aujourd’hui dans le sud du Vermont, au cœur des Green Montains, à mi chemin entre New York et Montréal. Ils ont aussi un appartement à Toronto.

John Irving a abandonné la lutte il y a une quinzaine d’années seulement. Il pèse 75 kilos pour un mètre 72. Son fils Everett promet d’être un futur poids moyen.

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Vous aimez John Irving, vous aimerez sans doute aussi...

Je compte sur vous pour remplir cette rubrique : quels sont les auteurs de romans "Irvingiens" que vous conseillez de lire en attendant le prochain de John Irving ? Il ne s'agit pas de rattacher Irving à une famille d'écrivains mais simplement d'attirer l'attention sur des écrivains ayant écrit des romans qui auraient plu à Harry : " Les romanciers qui avaient sa faveur (…) étaient des conteurs, qui narraient des histoires intéressantes, avec des personnages crédibles. Les romans qu’il aimait avaient des intrigues complexes, qui mettaient en scène des gens authentiques. " (La veuve de papier p 453)

Le premier qui me vient à l'esprit est Barbara Kingsolver : L'arbre aux haricots, Les cochons au paradis (qui en est la suite) et surtout le merveilleux Les yeux dans les arbres.
Vient ensuite
Jim Harrison, que j'ai découvert avec Dalva. Un excellent site en français lui est consacré : HTTP://MAGEOS.IFRANCE.COM/JIMHARRISON
Je pense aussi à
Paul Auster, notamment à Moon Palace.
Et puis
Alison Lurie ; j'en ai lu trois très bons, dont Liasons étrangères.
Egalement
Robertson Davies : L'objet de scandale, (premier ouvrage d'une trilogie),
Et un autre américain dont je n'ai lu qu'un livre :
Mark Childress : La tête dans le carton à chapeau.

Je rajoute deux anglais : William Boyd, très connu, en particulier pour Les nouvelles confessions et David Lodge, excellent, notamment pour Changement de décor et Thérapie, et un irlandais génial : Robert McLiam Wilson pour Eureka Street.

Egalement :
Colum Mc Cann (
Le chant du Coyote, Les saisons de la nuit), Raymond Carver, Russel Banks (Les beaux lendemains), Kurt Vonnegut, Hillerman, Ellroy, Coe, Graham Greene, dont "la fin d'une liaison", Jeffrey Eugenides (Middlesex), Richard Russo (un homme presque parfait), Brady Udall (Le destin miraculeux d'Edgar Mint),...
On (Didier Célisse) me signale aussi un étonnant roman "
La vie selon Gus Orviston" de David James Duncan (chez Albin Michel) dont le titre francais (la vie selon...) est un malicieux clin d'oeil au monde selon Garp.
Quant à Jean Tarrit, il adore John FANTE dont il conseille
Bandini - Demande à la poussière - Mon chien stupide - Rêve de bunker hill - Le vin de la jeunesse - La route de Los Angeles - Pleins de vie - L'orgie, James Ellroy, duquel il a presque tout lu (La colline aux suicidés, Le (très fameux) Dalhia Noir...L.A Confidentiel, Brown's Requiem, et enfin Herbert Liberman : "Nécropolis" (primé en 1978), Le tueur et son ombre.

Et puis il y a un chapitre de la "petite amie imaginaire" consacré aux livres qui ont inspiré Irving...

 Et vous ? Donnez moi votre avis : rflperso@wanadoo.fr

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Autres sites à visiter

Si vous lisez l'anglais, vous pouvez visiter plusieurs sites américains consacrés en partie à John Irving. Aux dernières nouvelles, certains sont fermés...

D'autres sites littéraires sont également très intéressants à visiter. Citons :

 

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Informations techniques sur ce site

Cette page, créée en juin 99, a reçu à ce jour plus de 50 000 visites ( actuellement 1000 par mois en moyenne). Parmi ces visiteurs, quelques centaines m'ont laissé des messages et beaucoup m'ont aidé à améliorer cette page. Je les en remercie vivement.
Plusieurs personnes m'ont indiqué qu'à leur connaissance, ce site est le premier site français consacré à John Irving. J'en suis très fier...

Certains visiteurs ont voulu en savoir un peu plus sur moi, surtout parce qu'ils s'étonnent qu'un prof de math puisse éprouver une telle passion pour John Irving. C'est tout simplement qu'ils connaissent mal les profs de math... Vous pouvez en savoir plus sur cet aspect en allant à la page d'accueil de mon site. Et puis tant que j'y suis, je vous laisse ma photo ! (si vous cliquez, vous l'aurez voulu !)

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