En Mars dernier, John Irving a accepté de répondre à des questions posées par des visiteurs du site de son éditeur(http://www.atrandom.com/johnirving).
Il en a sélectionné 25. Certaines sont très intéressantes, d'autres moins.Traduction assurée par
Caroline Jaymond (auteur du merveilleux site sur Jim Harrison
http://MAGEOS.IFRANCE.COM/JIMHARRISON )
et moi-même.

Si vous le souhaitez, vous pouvez lire la version originale en anglais.

 

Question 1 : Quand vous commencez un roman, avez-vous déjà en tête la fin de l’histoire ou bien devient-elle claire seulement après avoir fait un bout de chemin avec les personnages ?

Oui, j’ai besoin de connaître la fin de l’histoire avant de commencer l’écriture d’un roman. Au moment où je commence à écrire, je ne veux pas être encore en train d’inventer l’histoire, je ne veux penser qu’à l’écriture ou à la phrase suivante, puis encore à la suivante. Imaginer une histoire complète me prend 12 à 18 mois. Je commence toujours par cerner les personnages et comment et quand leurs trajectoires se croisent et se recroisent.

Question 2 : Vous semblez obsédé par les personnes petites ou les nains (Lilly, dans Hôtel New Hampshire, Owen dans Une Prière pour Owen, et les nains du cirque dans Un Enfant de la balle).

Je ne suis pas obsédé par les personnes petites, en tous cas, pas que je sache. Il est vrai que souvent, mes personnages ont une particularité physique mais c’est davantage un procédé littéraire (très " Dickensien ") qu’une interprétation de la personne humaine. Les personnages de mes romans ont souvent une spécificité traduite dans leur aspect physique. Comme la voix d’Owen (en plus de sa taille), l’abstinence sexuelle du Dr Larch (et celle de Jenny Fiels), la force et la laideur de Mélony. Lilly et Fuzzy Stone sont tous deux destinés à une mort précoce ; comme Owen Meany, Fuzzy est décrit comme étant né prématurément, avec ses fines oreilles réellement transparentes.

Question 3 : Quels sont les problèmes les plus courants rencontrés par vos traducteurs ?

Naturellement, certains américanismes, certaines expressions, notamment argotiques, sont difficiles à traduire. Mais le succès des traductions de mes romans laisse penser que ces difficultés ne sont pas insurmontables. Je vends plus de livres à l’étranger que je n’en vends aux USA et au Canada réunis. J’en vends presque autant en France qu’aux USA. Et Une Veuve de papier s’est plus vendu en Hollande qu’aux USA. Je travaille étroitement avec la plupart de mes traducteurs. Car ils doivent lire un roman avec tellement d’attention que parfois, ils détectent des erreurs qui avaient échappé à mon éditeur américain et à moi-même.

Question 4 : Vos personnages vous ont-ils jamais inspiré ou choqué ? Lesquels vous ont le plus surpris à l’arrivée ?

Non, mes personnages ne me surprennent ni me choquent jamais : je les ai créés. Je les connais mieux que les membres de ma famille ou mes amis les plus proches. Quant à l’inspiration, je pense que ce sont les lecteurs qui sont inspirés. Je calcule tout, révisant constamment, avançant de 3 ou 4 pages par jour. L’écriture d’un roman est pour moi un processus lent qui ne laisse aucune place à la surprise, sauf, je l’espère, pour mes lecteurs. Je ne suis pas surpris.

Question 5 : Dans une version provisoire du scénario de L’Oeuvre de dieu, la part du diable, est-il exact que vous aviez envisagé de remplacer l’histoire d’amour entre Homer et Candy par une relation semblable entre Homer et Rose Rose ?

Il y a eu 40 ou 50 versions provisoires de ce scénario. Il est exact que dans une de ces versions, j’avais éliminé l’histoire d’amour entre Homer et Candy et qu’à la place, Homer tombait amoureux de Rose Rose.. Mais dans le film, Homer n’a pas de fils et l’histoire se déroule sur deux ans au lieu de quinze. Mais cette version était trop sombre : Homer revenait à St Cloud’s sans avoir eu de relation amoureuse. (Rose Rose n’était pas amoureuse de lui). Lasse Hallstrom a rétabli la relation amoureuse entre Homer et Candy, plus fidèle au roman. Au départ, je craignais que cette relation domine l'histoire et fasse passer au second plan les relations plus importantes entre Homer et Larch et entre Rose Rose et son père.

Question 6 : Après une journée d’écriture, êtes vous capable de vous détacher de vos personnages ?

J’écris 7 à 8 heures par jour. Le reste du temps, mes personnages m’habitent en permanence, et quand je me réveille la nuit, je pense à eux. En fait, je pense à eux tout le temps.

Question 7 : Certains auteurs disent qu’ils font beaucoup de recherches. D’autres se contentent d’une connaissance approximative du sujet et misent sur leur instinct pour inventer les détails. Quelle est votre tendance personnelle ?

J’associe les deux démarches. Je fais des recherches quand j’en ai besoin ; sur la médecine dans un orphelinat, les pratiques d’avortement, les techniques orthopédiques en Inde, les méthodes policières en Hollande, la prostitution à Amsterdam, la taille du granit, les exilés américains au Canada pendant et après la guerre du Vietnam… Je ne dirais pas qu’un roman impose nécessairement des recherches, mais je n’ai aucune honte non plus à en faire.

Question 8 : Selon vous, quel serait le sentiment de Garp sur le siècle qui se termine ?

Garp est un personnage de roman. Il n’existe qu’en tant que tel. Il n’a aucune opinion sur le siècle qui se termine. Franchement, moi non plus. La fin d’un siècle est une démarcation arbitraire. Il est probable que les 10 prochaines années ressembleront aux 10 dernières. Je ne m’intéresse pas à l’attention portée à la fin du siècle ou à la fin du millénaire.
Quant à la littérature, c’est le 19
ème siècle que j’admire le plus.

Question 9 : Est-ce que votre conception des personnages féminins a changé ou évolué ?

Ma conception des personnages féminins n’est pas différente de celle des personnages masculins ou de ceux qui sont des enfants. Tous les personnages doivent être pleins de vie, crédibles, et capables d'émouvoir le lecteur. C'est là un devoir du romancier. La distinction homme/femme n'intervient nullement. Si une femme écrivain ne peut pas créer un personnage masculin crédible, elle n’est pas un bon écrivain. De même pour un homme qui ne peut pas créer un personnage masculin crédible. Quelle est la meilleure femme adultère qui fût jamais créée ? Madame Bovary, créée par un homme. Quel est le meilleur amant vindicatif de la littérature ? Heathcliff, créé par une femme.

Question 10 : Pensez vous que Garp est un féministe ?

"Féministe" est un terme vague, sans signification précise. Non, Garp n’était pas un féministe. Il connaissait et aimait les femmes. Sa mère et sa femme étaient de fortes personnalités.
Je ne fais pas de politique avec mes personnages.

Question 11 : Envisagez vous d’adapter Une Prière pour Owen pour le cinéma ?

Cela ne m’intéresse pas. Je crois que la signification profonde d’un miracle religieux ne peut pas être traduite dans un film. Je peux décrire Owen et un miracle à travers le regard d’un être psychiquement troublé, Johnny Wheelwright. Johnny est perturbé. Il croit en Owen. Le lecteur peut choisir de croire ou pas en la dimension religieuse de ce qui arrive à Owen. Dans un film, vous n’avez pas le choix : ce que vous voyez est ce qu’on vous dit de croire. C’est pour cela que ça ne m’intéresse pas d’écrire un scénario. De même que je n’avais aucune raison d’empêcher Mark Steven Johnson d’écrire et de réaliser "Simon Birch", inspiré de Une Prière pour Owen. J’ai seulement demandé à Mark de ne pas intituler son film Une Prière pour Owen car il est très différent du roman ; et comme c’est un gentleman, il a accepté.

Question 12 : Quel genre de musique écoutez-vous ?

Je n’écoute pas beaucoup de musique, sauf celle que mes garçons m’imposent et qui m’afflige. J’aime Bob Dylan, j’aime Bach. En voiture, j’écoute de la musique country, un peu comme je lirais le journal. Je prête attention à la bande son de certains films que j’aime. Ainsi je pense que la musique de Rachael Portman pour L’Oeuvre de dieu, la part du diable est excellente. (…)

Question 13 : Quelles sont les femmes qui ont le plus influencé votre œuvre ?

Encore cette question des femmes ! Les femmes que j’ai connues - ma grand-mère, ma mère, mes deux épouses, toutes de fortes personnalités - n’ont en rien influencé la création de mes personnages. Je suis un auteur de fiction, ce qui signifie pour moi que ma première responsabilité est la création de personnages plus accomplis, plus motivés et compréhensibles que toute personne que je puisse connaître. Je ne m’appuie pas sur des personnes réelles pour créer mes personnages. Et si je l’avais fait, j’aurais été poursuivi en justice. Mais surtout, les gens que je connais ne sont pas assez intéressants pour que je les mette dans mes romans. Ceci n’est pas insultant pour eux ; je veux simplement dire que les personnages de roman, en tous cas de mes romans, doivent avoir des vies plus intéressantes, plus complexes et plus troublées que la plupart des gens que je connais.

Question 14 : Que signifierait pour vous de remporter un ACADEMY AWARD ?

Je pense qu’être nominé pour un Oscar est plus important que d’en gagner un. J’ai été nominé par mes pairs, par d’autres scénaristes. Alors que l’ACADEMY au complet (acteurs, réalisateurs, producteurs) va voter pour le gagnant. A quel point est-ce important d’être nominé ? Très important ! Les sept nominations pour pour L’Oeuvre de dieu, la part du diable et particulièrement celle pour Meilleur Film et Meilleur Réalisateur signifie qu’une audience élargie verra le film. C’est cela qui est le plus gratifiant, énormément, spéciallement lorsque l’on sait qu’il a fallu 14 ans pour que le film se fasse. Bien sûr, j’aimerais gagner un Oscar ! Qui ferait la fine bouche ? Mais l’honneur de se trouver en la compagnie des cinq meilleurs films, dans toutes catégories, est irremplaçable ! Je suis très fier de la nomination. Je suis impatient d’être à la soirée elle-même. A mon âge, et étant donné que mon gagne pain est d’être romancier, je ne pouvais m’attendre à me trouver là-bas encore. J’ai écrit neuf romans, j’en ai presque terminé une dizaine. J’ai écrit trois scénarios, mais seul L’Oeuvre de dieu, la part du diable a été tourné. C’est à la fois un privilège et un grand frisson d’aller aux Oscars.
[note du traducteur : Un mois après cette interview, John Irving a remporté l’Oscar de la meilleure adaptation].

Question 15 : Si vous pouviez rencontrer trois personnes (vivantes), lesquelles seraient-elles ?

Je ne souhaite pas rencontrer de personnes en particulier, je connais déjà suffisamment de monde ! Mais je suis toujours ravi de rencontrer d’autres écrivains. Bien sûr, c’est sympa de rencontrer des gens qui ont réalisé des choses remarquables, mais je ne suis pas sûr que cela ait réellement un intérêt. Bien sûr, c’est sympa, j’ai rencontré Kirk Douglas récemment, et j’y ai pris un grand plaisir, nous sommes membres tous les deux de la NATIONAL WRESTLING HALL OF FAME, on a ça en commun. Et je l’ai toujours admiré en tant qu’acteur. J’ai eu beaucoup de plaisir à déjeuner avec Charlton Heston, il n’y a pas longtemps. Malgré le fait que nous soyions loin l’un de l’autre politiquement –aux yeux de tous- nous étions du même avis sur le thème des droits de l’avortement. On croit tous les deux à ce droit. Cela a été interessant. Mais je n’adhère pas à cette question : souhaitez-vous rencontrer des personnalités ? Je rencontre suffisamment de gens comme ça.

Question 16 : Quelle est votre définition de la fiction ? Jusqu’à quel point doit-on modifier la fiction –autobiographique– pour qu’elle devienne de la fiction ?

Je ne crois pas que la " fiction autobiographique " soit intéressante, parce qu’elle est toujours très limitée. J’imagine des romans d’une grande taille, sur une longue période. S’il y a des détails autobiographiques, (la plupart du temps de petites choses), que je peux utiliser, je vais le faire, mais en aucun cas, cela ne représente quelque chose d’important dans mes romans. Tout ce qui concerne l’aspect autobiographique de mes romans m’ennuie…

Question 17 : Quelle est votre nourriture favorite, quel élément culinaire vous représente le mieux ?

Les tomates.

Question 18 : J’ai appris que vous étiez dislexique, comment êtes-vous venu à bout de ce handicap ?

La dislexie, c’est un mot qui recouvre beaucoup de choses selon les gens. J’ai eu (et encore aujourd’hui), quelques problèmes dans mes apprentissages. Ca ne m’a pas rendu l’école agréable. Je ne sais pas comment j’ai surmonté tout ça, sauf en désirant vraiment lire et écrire, et en reconnaissant que ces apprentissages me prendraient plus de temps qu’à mes copains. Je ne me plains pas d’être un écrivain et un lecteur très lent. J’aime ça, écrire lentement, et lire lentement. Ca n’était pas vraiment facile, d’être un étudiant plutôt lent, surtout quand on sait que les étudiants sont notés sur la rapidité d’acquision d’une énorme quantité d’informations… J’ai jamais pu être un bon étudiant, mais je n’ai eu aucune difficulté à devenir un bon écrivain. Et maintenant que je ne vais plus à l’école, je suis un bon lecteur, simplement je ne vais pas très vite.

Question 19 : Et Dieu dans tout ça ?

Personnellement, je ne suis pas quelqu’un de spéciallement religieux. Je ne vais que rarement à l’Eglise. Je ne sais pas de façon sûre si Dieu existe. Selon les jours, je pense que oui, ou je pense que non. Jamais je n’aurais la présomption de deviner ce que Dieu veut faire de moi, si jamais il en a une idée ! Je pense que la religion est quelque chose d’intéressant. Quant à la foi, c’est une question fascinante  : je suis intellectuellement intéressé par cela, je suis très ouvert à ces questions. J’ai la même antipathie pour les croyants qui la ramènent sans arrêt avec leur foi, que pour les purs athés. Je pense que la foi est une question on ne peut plus intime.

Question 20 : Quel rôle a la religion dans la vie, si c’est le cas ?

Comme je viens de vous le dire, je ne vais que rarement à l’église. Quand je le fais, c’est que quelque chose dans cette expérience m’attire vraiment. J’ai deux très bons amis prêtres. Et je connais d’autres prêtres, qui en général me sont sympathiques. Quelquefois, il m’arrive de prier, mais pas de façon régulière. Je prie pour la santé et le bonheur de mes enfants. Mais qui cela peut-il intéresser, à part moi-même ?

Question 21 : En grande partie, vos livres parlent de la grâce, et de la résignation. Quelle est l’influence qui vous a aidé à modeler cette perspective dans vos écrits ? Et peut-être aussi dans votre vie ?

Accepter les choses sur lesquelles on n’a aucun pouvoir de changement, c’est bien ça ? Qui a dit ça ? Et bien, juste parce que vous devez accepter ces choses là, ça ne veut pas dire qu’elles ne doivent pas vous faire plaisir. Je n’accepte pas avec bonne grâce les choses que je n’apprécie pas, dans la vie réelle. Peut-être qu’un certain degré d’acceptation, dans les romans que j’écris, est perçu comme une vertu, et quelquefois, c’est une vertu, mais en ce qui me concerne, j’ai tendance à déblatérer et à me fâcher contre les choses que je déteste, comme la plupart des gens.

Question 22 : De tous les livres que vous avez lus, quel est celui que vous préférez, et pourquoi ?

J’ai écrit une introduction au livre de Charles Dickens : De grandes espérances, publiée dans l’édition française de De grandes espérances au Seuil (l’école des lettres) [note du traducteur]. C’est sans doute la meilleure réponse à votre question.

Question 23 : Si Dickens réapparaissait pendant une journée qu’aimeriez-vous tirer de lui, et qui aimeriez vous lui présenter ?

Voici le genre de questions " faisons comme si " qui n’a aucun sens pour moi. J’emmènerai Dickens au cinéma voir un bon film. Si Dickens était vivant aujourd’hui, il serait toujours romancier, mais il écrirait aussi des scénarios, et probablement réaliserait des films. Il avait un intérêt dramatique, qui aujourd’hui ne serait pas complètement satisfait dans le théâtre. Probablement, il ferait des films et des romans. Mais je ne réfléchis jamais à des questions de ce genre-là.

Question 24 : Quelles sont vos opinions sur la situation politique en Autriche, en ce qui concerne Joerg Haider ?

Je ne connais pas grand chose de l’Autriche d’aujourd’hui. J’étais en Autriche au moment où le passé de Kurt Waldheim a été révélé. Et il était effarant de voir comme il a été compris, en ce qui concerne ces faits-là, par ses concitoyens les Autrichiens.>. Vienne m’a toujours étonné par son côté petite ville provinciale avec xénophobie de petite ville. Les Autrichiens ont une bien faible réputation en ce qui concerne l’acceptation, la tolérance d’autrui. Même dans leur façon de dire étranger : AUSLANDER, il y a comme un tranchant qui est le côté péjoratif. J’ai arrêté de faire de ski là bas il y a déjà des années car les autrichiens sont les gens les plus durs de tous les gens avec qui j’ai fait du ski . Je ne sais pas pourquoi. Je ne vis plus à Vienne. Je n’y ai pas vécu longtemps. Et je n’y revivrai jamais. Je ne pense plus guère à l’Autriche aujourd’hui.

Question 25 : La lutte est-elle un sport supérieur à tous les autres, et si oui , pourquoi ?

Non, la lutte n’est pas nécessairement supérieure aux autres sports.. N’importe quel athlète qui se vit pour son sport, quel qu’il soit, devrait se sentir blessé en entendant quelqu’un dire que son sport est un sport " supérieur aux autre ". J’ai aimé la lutte plus que tout autre sport. Je l’ai adoré. J’ai fait des compétitions pendant 20 ans. J’ai été entraînteur jusqu’à l’âge de 47 ans. Maintenant, j’ai pris ma retraite, il y a 10 ans. Et je n’ai plus aucun rapport avec la lutte. J’essaye de voir des matchs tous les ans. Je vais au tournoi NCAA, quand je le peux. J’adorerai toujours la lutte, pour la discipline que cela m’a enseigné. Et j’aimerai toujours le sport lui-même ; mais je connais des gens aussi passionnés pour le tennis et le ski que je le suis pour la lutte. Maintenant, je suis juste un spectateur. Je suis ce qui ce passe dans le sport. J’ai beaucoup d’amis lutteurs ou anciens lutteurs, mais je ne fais plus partie de ce monde, comme cela était le cas avant.

 

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